Ce dimanche 24 janvier, François et moi nous décidons pour une sortie de ski courte et nous choisissons la facilité des Combes d’Aravis. Au parking des Confins, nous optons pour la première, Grand Crêt. C’est sans étonnement que nous la trouvons bien tracée.
Vers 2000m, les traces se scindent en deux : à gauche en direction du fameux Trou de la Mouche et à droite vers Tête Pelouse. Cependant, personne n’est allé tracer récemment dans l’axe de la combe. Nous décidons donc de tenter ce col légèrement plus bas que ses voisins mais encore vierge (coté 2448m sur l’IGN et surmonté d’une petit pointe à l’est).
En arrivant au col, une petite crevasse coupe le col quelques mètres en retrait. En plantant le bâton de l’autre côté de la crevasse, je me rends compte que la neige n’a pas de consistance ; de mon côté, c’est caillouteux. Me voilà devant une corniche énorme qui s’est affaissée sans rompre, d’où la crevasse. Je remercie la nature pour ce signal car je ne me serais jamais attendu à une telle masse et n’aurais jamais pris autant de recul par rapport au sommet du col.
La petite pointe située à l’est du col nous donne un meilleur point de vue sur la corniche, elle fait au moins 5m de largeur, 50m de longueur et donc plusieurs dizaines de tonnes. Côté nord, le terrain est pelé par le vent. Côté sud, les cailloux sont aussi apparents, signe d’une probable avalanche de purge. La corniche est restée en place malgré son affaissement.
Notre trace devient rapidement populaire, il y a déjà une dizaine de personnes dessus. Espérons que personne ne s’aventurera sur les corniches.
Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Après quelques virages en descentes, je sens en fin de courbe que cela ne "renvoit pas" normalement. Une seconde plus tard, je me retrouve assis dans la neige les spatules en l’air : le manteau neigeux vient de rompre sous mes talons. Dans cette position, j’observe la composition de ce manteau : 30cm de neige récente puis un trou haut de 60cm, large d’environ 80cm et les rochers au fond.
Ce trou s’explique probablement par un des nombreux redoux de cet hiver ; le manteau d’alors a glissé sur le sol laissant apparaître une "gueule de poisson". Puis le froid et la neige sont revenus et un pont de neige s’est formé comme sur les glaciers.
Voilà comment suivre la foule des randonneurs et malgré tout être surpris.
Photos : François Cuvelier.






